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L’affaire Pliouchtch et le SNI

lundi 15 juin 2015 par Luc Bentz

Couverture de l'École libératrice (n°17 du 16-1-1976)

Au milieu, penché avec un costume à carreaux, André Ouliac, secrétaire général du SNI. À sa droite, André Henry, secrétaire général de la FEN. Derrière André Ouliac, on distingue Pierre Chevalier, secrétaire national du SNI et vice-président de la MGEN. (Cliquer sur l’image ci-dessous pour l’afficher en plus grand avec le texte en pages intérieures.)

En septembre 1974, l’hebdomadaire du Syndicat national des instituteurs, l’École libératrice, fait état des mobilisations contre les condamnations à mort puis, malgré les protestations internationales, des cinq exécutions de militants d’extrême-gauche espagnols tandis que Franco, et son régime après lui, sont à l’agonie. Le souvenir restait vif de l’exécution barbare par garrot, en 1974, de l’anarchiste Puig Antig.

Pour autant, l’École libératrice retrace aussi l’implication du Syndicat national des instituteurs (SNI) dans le combat pour la libération de Pliouchtch auquel participe sa fédération, la FEN.

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Ecole-liberatrice (31-10-75) : article de Michel Bouchareissas

C’est ainsi que dans l’É.L. numéro 8 du 31 octobre 1975 (p. 8), Michel Bouchareissas, rappelle, avec ce style percutant qui était sa marque de fabrique, avant d’évoquer un éditorial polémique de René Andrieu dans L’Humanité [1] :

Leonid Pliouchtch, mathématicien soviétique de grande notoriété, est interné en U.R.S.S. dans un hôpital psychatrique spécial, pour opposition au régime, donc pour délit d’opinion.
Fallait-il le taire ou le dire ?
En tout cas, c’est un fait. Sa matérialité n’est plus contestable. Elle ne paraît plus contestée. Il s’agit bien de la destruction lente d’un homme par l’usage délibéré de la science. Au nom du « socialisme ».
Ce qui fait qu’un nom du S.N.I., nous le disons. Sans comptabiliser, ni jauger, ni « comparer » les victimes, les modes de torture, les « raisons d’État ». [...]
Aussi étions-nous présents, jeudi soir 23 octobre, à la tribune du palais de la Mutualité, répondant ainsi à l’appel du comité international des mathématiciens (dont le responsable pour la France est Laurent Schwartz qui nous avait sollicités), d’Amnesty international, de la Ligue des droits de l’Homme, entre autres organisations auxquelles, en l’état actuel, nous n’estimons pas devoir chipoter notre considération.
Nous ne le regrettons en aucune manière...
Mais pourquoi une telle précision ?
Parce qu’à l’absence de la C.G.T. (relevée avec regret par de nombreux orateurs) s’ajoutait la tenue (fortuite ?) à la même heure, en un autre lieu, d’un autre meeting organisé par le seul P.C.F., pour la défense des libertés. Sur ce thème-là, l’émulation — fût-elle la plus saine — n’exige nullement la concurrence.

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École libératrice n°17 (16/01/1976)

En janvier 1976, c’est l’arrivée à Paris de Pliouchtch et de sa famille qui fait la couverture de la revue, avec des éléments d’information rapides et des coupures de presse.

À partir du n°18 (23 janvier 1976), cet encadré d’appel à la solidarité apparaît régulièrement en page 2. Il s’inscrit dans la campagne lancée par la FEN et que mentionne également l’Enseignement public.

Dans le numéro 19 du 30 janvier 1976, René Labes ironisait sur le thème Faut-il à nouveau libérer Pliouchtch en répondant à des attaques d’organes de presse plutôt classés à droite en rappelant notamment cette déclaration du secrétaire général du syndicat, André Ouliac :

Pliouchtch a très bien compris notre intention ; il entend n’être récupéré par personne, refusera tout soutien des œuvres de bienfaisance et n’accepte notre aide que parce qu’elle provient d’un syndicat des travailleurs de l’enseignement.

Et comme le précisait Labes :

N’en déplaise aux Cassandre, le S.N.I. est prêt, le moment venu, à les aider tous, d’o qu’ils viennent, simplement parce qu’ils auront été des victimes de l’oppression, du fascisme aussi bien que du stalinisme. Là est toute la différence !

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E.L. n°19 (30-01-75) :
article de René Labes

Notes

[1À l’époque encore, « organe central du Parti communiste français ».

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