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Le passé pour éclairer l’avenir

dimanche 16 juin 2013 par CHA / UNSA Éducation

Le rôle fondamental d’une organisation syndicale humaniste et réformiste est de regarder vers l’avenir. Encore faut-il appréhender clairement ce que nous sommes et d’où nous venons. C’est l’objet de ce bref rappel des repères essentiels qui ont jalonné, depuis ses origines, l’histoire de notre syndicalisme. Pour des repères rapides, voir cet article.

 Les origines : 1928-1945

Dans l’enseignement, le syndicalisme est né dans l’illégalité puisque les fonctionnaires sont légalement exclus de ce droit de 1884 (loi sur les syndicats professionnels de salariés) à 1946 (nouveau statut général de la Fonction publique), malgré une reconnaissance de fait loin d’être constante entre 1924 et 1940.

Les instituteurs, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle en seront les promoteurs.

En 1920 le Syndicat National des Instituteurs (SNI) se créé par transformation de la Fédération des amicales d’instituteurs qui rassemblait déjà une grande partie des enseignants primaires, avec la volonté d’adhère à la CGT de l’époque, ce qui serait fait en 1925. Il sera à l’origine de la création le 23 décembre 1928 au sein de la CGT de la Fédération Générale de l’Enseignement (FGE), l’ancêtre de la FEN (1946) devenue elle-même UNSA Éducation en 2000. La FGE regroupe progressivement enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur ainsi que des personnels « non enseignants ».

Le régime de Vichy, dès le début, entend s’en prendre à l’École laïque et à ce qui la symbolise. Le 18 septembre 1940, les écoles normales d’instituteurs sont supprimées ; le 16 novembre 1940, le Syndicat national des instituteurs, la Fédération générale de l’Enseignement et la Ligue de l’enseignement sont dissous. Le travail se poursuit dans la clandestinité, mais les deux premiers secrétaires généraux du SNI clandestin, Georges Lapierre et Joseph Rollo, également résistants, meurent en déportation.

 La FEN « autonome » de 1948

En 1946 au sein de la CGT, la FGE prend le nom de Fédération de l’Éducation nationale (FEN) affirmant ainsi sa vocation à rassembler les personnels de toutes catégories. À la différence de sa confédération, sa majorité demeure réformiste.

En 1947 la FEN refuse la scission entre la CGT et la CGT-FO. À l’image du SNI, la plupart de ses syndicats organisent un référendum interne sur l’affiliation (maintien à la CGT, adhésion à FO ou passage à l’autonomie). Très majoritairement, cela conduit, en mars 1948, au choix de l’autonomie dans l’attente de la réunification espérée. La fédération admet d’ailleurs la possibilité de double affiliation à une centrale ouvrière dès lors qu’il n’y a pas de syndicat catégoriel concurrent Cette décision sera soutenue par la majorité fédérale et le courant École émancipée (EE), alors continuateur de la tradition syndicaliste révolutionnaire. Les militants communistes la combattront, souhaitant rester à la CGT.

L’unité syndicale maintenue comporte cependant une contrepartie : la reconnaissance du droit de tendance, consacrée par la célèbre motion « Bonissel-Valière » du SNI (René Bonissel était un dirigeant historique de la tendance « autonome », [?. Les « cégétistes » s’y opposeront. Ils conserveront d’ailleurs jusqu’en 1954 une double affiliation à la CGT. Peu après un congrès de la FEN-CGT choisissant de poursuivre ses activités, une décision du Bureau politique du Parti communiste français (4 janvier 1954) invite les instituteurs communistes à poursuivre leur activité syndicale au sein du seul SNI. Cette décision est immédiatement appliquée par les intéressés.

Devenue autonome pour sauvegarder son unité, la FEN gardera vivace son attachement au syndicalisme interprofessionnel et sa volonté de le voir se recréer autour d’elle.

En 1957, une initiative « Pour un Mouvement Syndical Uni et Démocratique » (PUMSUD), est prise par Denis Forestier, secrétaire général du SNI, et des militants de la CGT et de la CGT-FO. Son objectif, la réunification syndicale, se heurte à l’hostilité des confédérations. Malgré un succès certain cette initiative s’éteindra au début des années 60.

En 1958, la FEN s’opposera au coup d’Etat gaulliste. Elle appellera – seule organisation syndicale française – à la grève générale le 30 mai 1958.
La FEN, au cours de ces années, va se développer sous l’influence de plusieurs facteurs :

  • l’attrait de son caractère unitaire dans un syndicalisme français divisé,
  • l’extension de son champ de syndicalisation à tous les personnels de l’Éducation, de l’Education populaire, des Sports, de la recherche, de la culture et de la Justice,
  • l’expansion de ce champ de syndicalisation de part la « massification » de l’enseignement,
  • le développement d’une politique éducative et revendicative combative fondée sur la proposition, la négociation et l’action.

Au cours des évènements de mai 1968, la FEN émergera et jouera un rôle majeur dans deux domaines :

  • elle sera l’artisan d’une convergence improbable entre le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier,
  • elle jouera un rôle central dans les négociations de la Fonction Publique qui s’ouvriront parallèlement aux négociations interprofessionnelles de Grenelle auxquelles elle participe également. C’est ainsi qu’elle joue un rôle déterminant dans l’accord Durafour de 1990 sur la refonte de la grille de la Fonction publique (y compris ses améliorations du protocole d’accord de 1989 sur la revalorisation de la fonction enseignante).

 De la scission de 1992 à la refondation

Cet ensemble de démarches s’est néanmoins accompagné d’une dégradation progressive de sa vie interne au travers des attaques de plus en plus vives que sa principale minorité, « Unité et action » (nom des ex-cégétistes) mène en permanence contre la fédération. La tendance UID (appellation des ex-« autonomes » depuis les années soixante-dix) est majoritaire au SNI-PEGC (le SNI est devenu en 1976 Syndicat national des instituteurs et des professeurs d’enseignement général de collège, la tendance « Unité et Action » est majoritaire au SNES (Syndicat des enseignements du second degré) depuis 1967 et au SNEP (Syndicat national de l’éducation physique) un an après. Les conflits d’orientation syndicale recoupent des conflits d’orientation éducative comme de stratégie corporative. Ils vont en s’amplifiant dès les années quatre-vingt et se cristallisent, en particulier, autour de deux conceptions du syndicalisme (réformiste ou protestataire ) et de deux conceptions du système éducatif de plus en plus antagoniques (transformation ou conservation).

Cette tension culminera au moment des négociations de 1988-1989 sur la revalorisation et la loi d’orientation de l’éducation nationale. Une rupture publique apparaîtra au grand jour entre la FEN et ceux qui, en son sein, regroupés autour du SNES, campent sur une position antagoniste et refusent l’application des orientations de la fédération définies démocratiquement dans ses congrès.

Le congrès de Créteil, en octobre 1992, entérinera cette rupture. Le SNES et le SNEP quitteront la FEN, entraînant avec eux une partie des adhérents d’autres syndicats nationaux, principalement chez les enseignants, pour créer la fédération syndicale unitaire (FSU). Cette déchirure eu un coût indéniable en terme de syndicalisation comme de représentativité chez les enseignants où la FSU dépasse la FEN « maintenue ».

Mais cette période est aussi pour la FEN l’occasion d’une refondation de son potentiel de propositions, d’interventions et d’actions. Libérée des conflits de tendance, elle le concrétise, au plan interprofessionnel, avec la création en 1993 de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA) dont les premiers dirigeants, Martine Le Gal (1993-1914) puis Alain Olive (1994-2011) et au plan fédéral, avec l’élaboration d’un nouveau projet éducatif, « pour une société éducative » lors du congrès de Pau (2000) qui voit également la Fédération prendre son nom actuel d’UNSA Éducation.

 Constante historique : l’activité de la Fédération se développe sur 4 terrains

  • La laïcité est son engagement identitaire. La défense de l’école publique laïque et, plus largement, de la laïcité de l’Etat et de la société, fonde sa démarche. Cette bataille sera ponctuée par de nombreux temps forts.
  • Les droits et libertés. C’est, là encore, un combat permanent de la Fédération, en France comme dans le monde.
  • La transformation du système éducatif. Cette bataille permanente, la FEN l’a appuyée sur ses projets éducatifs successifs :-** « L’École de l’éducation permanente » en 1977 appuyée sur le projet d’« Ecole Fondamentale » du SNI de 1973.
    • « l’École de l’an 2000 » au Congrès de La Rochelle en 1988.
    • « Pour une société éducative », projet élaboré au congrès de Pau en décembre 2000, dont les travaux ont été enrichis, complétés et actualisés par les congrès ultérieurs (Le Mans, 2004 ; Bordeaux, 2008 ; Anger, 2012).
  • La revalorisation de la situation des personnels. C’est le sens de son engagement dans la fonction publique. A l’origine des négociations dans la fonction publique à partir de 1968, la FEN les a développées par une pratique régulière et la signature de nombreux accords dans la Fonction publique, en particulier lors de l’accord Durafour en 1990. Ce combat se poursuit depuis 1994 dans le cadre de l’UNSA Fonction publique (Union des fédérations de la Fonction publique de l’UNSA, structure analogue à celles qui existent dans les organisations confédérées).

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Directeur de publication : Luc Bentz