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Gérard D’Hersignerie (1933-2013)

dimanche 12 janvier 2014 par Luc Bentz

 Biographie

Fils d’un instituteur animateur des organisations des œuvres laïques de sa région, Gérard d’Hersignerie, entra à l’École normale d’instituteurs de Beauvais en 1949 après une scolarité en cours complémentaire à Compiègne. Après son service militaire en 1954-1955, son opposition à la guerre d’Algérie lui fit rejoindre les rangs de l’École émancipée qui dirigeait la section départementale du SNI depuis la réunification syndicale de 1935 (à l’époque, la section était animée par celui qui fut longtemps son « leader historique » : Julien Desachy). Coopérant d’octobre 1958 à septembre 1961, il fit partie, en 1959, des « 481 Français libéraux du Maroc » signataires d’une pétition contre la guerre d’Algérie et pour l’indépendance de ce pays.

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Gérard d’Hersignerie (1933-2013)
Avec l’aimable autorisation de la Société d’histoire moderne et contemporaine de Compiègne.

Rentré en France, Gérard d’Hersignerie fut de nouveau nommé à Compiègne, participa au groupe départemental Freinet de son département. Il devint secrétaire général adjoint de la section du SNI en janvier 1962 puis, l’année suivante, secrétaire général, responsabilité qu’il assuma jusqu’en 1967. À la rentrée 1966, il obtint un poste à l’école de Verberie, à proximité de Compiègne, qu’il ne devait plus quitter jusqu’à son départ à la retraite.

En 1968, Gérard d’Hersignerie s’opposa, comme ses camarades du département (et notamment les figures historiques Maurice Dommanget et Julien Desachy), à ce qu’ils caractérisaient comme une tentative de l’Organisation communiste internationaliste de s’emparer de la direction de l’École émancipée [1].

Gérard d’Hersignerie fut élu secrétaire général de la section de l’Oise de la FEN d’octobre 1973 à juin 1987. Il fut également représentant de l’École émancipée au Bureau national du SNI-PEGC de 1979 à 1985 [2] Il était alors le seul représentant de la tendance au BN. À ce titre, il fut candidat à la commission administrative paritaire nationale des instituteurs en 1982 et élu suppléant.

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Au Bureau national du SNI-PEGC en 1979
Gérard d’Hersignerie (ÉÉ) ; Jean Arnaud et Alfred Sorel (UA)

Gérard D’Hersignerie prit sa retraite en 1989. Il continua à militer dans le groupe départemental de l’École émancipée jusqu’à la scission de 2003 [3]. Il prit position à cette occasion en faveur de ceux qui s’opposaient à ce qu’il appelait « la mainmise de la Ligue communiste révolutionnaire sur la tendance » [4].

Comme l’indique Loïc Le Bars dans la notice biographique du Dictionnaire Maitron, « Gérard d’Hersignerie fut l’un des militants qui contribuèrent à faire des sections de l’Oise du SNI et de la FEN des bastions de l’École émancipée ». Il s’inscrivait dans la tradition syndicaliste-révolutionnaire remontant aux orientations portées avant guerre par Gabrielle et Louis Bouët ou Maurice Dommanget.

Gérard D’Hersignerie appartenait au comité de parrainage de l’Himase. La Société d’histoire moderne et contemporaine de Compiègne, à l’activité de laquelle il participait depuis une dizaine d’années, lui a également rendu hommage (article signé Jacques Bernet, le 12 avril 2013).

 Témoignages

* Guy Georges, ancien secrétaire général du SNI-PEGC (1976-1983)

De 1979 à 1983 j’étais secrétaire général du SNI-Pegc quand Gérard D’Hersignerie y était élu comme représentant de l’École émancipée. J’ai gardé le souvenir d’un camarade avenant, au-delà de nos possibles divergences, d’un « opposant » intelligent, loyal, constructif quand il le fallait. Le Bureau national était toujours attentif à ses prises de position. Gérard D’Hersignerie était un représentant estimé de la bonne tradition de l’Emancipation historique.

* André Henry, ancien secrétaire général de la FEN (1974-1981)

Merci pour l’envoi de l’information sur Gérard D’Hersignerie. J’ai, pour ma part toujours considéré D’Hersignerie comme un militant syndical authentique, intransigeant sur l’indépendance syndicale.

* Michel Gevrey, ancien secrétaire national « Éducation » du SNI-PEGC (1976-1985)

J’apprends avec peine le décès de Gérard d’Hersignerie. J‘ai eu le privilège de siéger avec lui tout le temps de son mandat au Bureau National du SNI – PEGC. Il y exprimait avec conviction et un réel sens de la mesure le courant « École émancipée ». À la différence de certains de ses prédécesseurs qui se situaient constamment dans l’opposition systématique à la majorité UID, il échangeait, acceptait et favorisait le dialogue, sans blocage a priori. Ainsi, dans les dossiers qui relevaient de mon champ de compétence au Secrétariat national, « l’éducation », le dialogue était réel et il apportait dans le débat des contributions dont je mesurais l’esprit et le contenu.
J’ai ainsi le souvenir d’avoir tenu compte d’apports utiles lors de la mise au point des motions pédagogiques de nos congrès où il soutenait alors souvent des points de vue proches de ceux défendus par l’ICEM – Pédagogie Freinet, mouvement pédagogique avec lequel le SNI-PEGC entretenait des rapports constructifs.

 Sources

* Dictionnaire Maitron (biographie rédigée par Loïc Le Bars).

Voir en ligne : Notice Maitron sur Gérard D’Hersignerie

P.-S.

Un hommage à Gérard D’Hersignerie avait été rendu par Jean-Michel Bavard, également militant de l’Oise issu, comme Gérard D’Hersignerie, du courant « École émancipée ». Daté du 21 février 2013, il a été publié dans la revue L’Émancipation syndicale et pédagogique n° 8 (avril 2013). Ce texte nous a été remis lors d’une cérémonie d’hommage en février 2014 et nous le reproduisons en pièce jointe en remerciant L’Émancipation.


Documents joints


Notes

[1Cette crise se solda par l’exclusion des militants de l’OCI en 1969 qui constituèrent alors la tendance École émancipée-Front unique ouvrier, dite EE-FUO puis FUO.

[2Les secrétaires généraux étaient alors Guy Georges, puis Jean-Claude Barbarant à partir de 1983.

[3Selon les indications reçues de militants de l’Oise proches de D’Hersignerie, la coupure, dans l’Oise, est intervenue quelques années plus tôt.

[4Cf. notice biographique du Maitron.

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