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Élie Jouen (1942-2016)

jeudi 17 novembre 2016 par Luc Bentz

Militant du Syndicat national des instituteurs de Seine-Maritime, secrétaire national du SNI- 1974) puis de la FEN (1974), Élie Jouen s’implique fortement dès 1977 dans le syndicalisme enseignant international. Il est secrétaire général adjoint du SPIE (1980-1993) puis de l’Internationale de l’Éducation (1993-2008) jusqu’à sa retraite.
Après cette date il reste très fortement engagé dans la Marche globale contre le travail des enfants fondée sur l’initiative de Kailash Satyarthi, prix Nobel de la paix 2014. Il en était devenu le président en mars 2015.

 Le parcours professionnel et syndical d’Élie Jouen

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Élie Jouen en 2009 (photo IE)

Instituteur de formation (école normale de Rouen), Élie Jouen a commencé à militer au Syndicat national des instituteurs en Seine Maritime dont il devient secrétaire départemental, avant d’être élu au Bureau et au Secrétariat national du SNI en 1974 dans l’équipe d’André Ouliac, il est appelé par André Henry à rejoindre la FEN en 1977. Celle-ci a récemment renoué (1975) avec une affiliation internationale spécifique en rejoignant le Secrétariat professionnel international de l’enseignement (SPIE).

Sous l’autorité d’Albert Guillot, chargé de l’éducation et des queitons internationales au Bureau fédéral, Élie Jouen travaille au secrétariat du SPIE à Bruxelles où il est chargé de représenter le SNI et la FEN, mais commence à assumer lui-même pour le compte du SPIE des missions de représentation auprès de l’OCDE (dans le cadre du TUAC : Comité consultatif syndical auprès de l’OCDE), de l’UNESCO et du BIT.

Il intègre l’équipe du SPIE qu’anime à partir de 1980 Fred van Leeuwen comm secrétaire général adjoint. Il assume la même fonction lorsque le syndicalisme international de l’éducation s’unifie au sein de la nouvelle Internationale de l’Éducation (IE, 1993). De 1980 à sa retraite en 2008, Élie Jouen assume donc des fonctions de responsabilités éminentes au niveau international. Après 2008, il reste fortement impliqué dans l’ONG « Marche globale contre le travail des enfants ».

Après son départ en retraite, Élie reste impliqué dans l’action internationale comme président de l’ONG internationale Global March Against Child Labour (Marche globale contre le travail des enfants), dont il était membre du comité exécutif.

Élie était un invité régulier des congrès de sa fédération, la FEN hier, l’UNSA Éducation aujourd’hui, au titre du SPIE puis de l’IE. Toujours adhérent de son syndicat d’origine (l’actuel SE-UNSA), il a conservé des contacts personnels et amicaux avec les militants de la Fédération. Il y a deux ans, c’est lui qui avait prononcé, au nom de l’IE, l’hommage posthume à Agnès Bréda.

Élie est décédé le 16 novembre 2016 à La Rochelle.

 Quelques points-clés de l’action internationale d’Élie Jouen

1. Création de l’Internationale de l’Education

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les syndicats et associations d’enseignants du monde, de la maternelle à l’université, se regroupaient dans quatre organisations mondiales : la FISE (afiliée à la FSM, d’inspiration communiste), le SPIE (affiliée à la Confédération internationale des syndicats libres), la CSME (syndicalisme chrétien) et la CMOPE (indépendante). Dès la fin des années quatre-vingt, il est vite apparu que le maintien de ces structures « de guerre froide » n’était plus du tout approprié à l’émergence d’un monde nouveau dans lequel l’éducation et la formation devaient prendre une place nouvelle.

Dès 1991 le SPIE (auquel était affiliée la FEN) et la CMOPE (à laquelle appartenait le SNI-PEGC) [1] ont engagé des négociations au niveau mondial en vue de la création d’une organisation unique des syndicats et associations d’enseignants.

Élie JOUEN faisait partie de la délégation du SPIE. L’initiative a été couronnée de succès et le congrès constitutif d’une nouvelle organisation, l’Internationale de l’Éducation s’est tenu à Stockholm en janvier 1992.

De1993 (mise en place effective) au 1er mai 2008, date de son départ à la retraite. L’Internationale de l’Education (IE) a continué à se développer et regroupe aujourd’hui 32 millions de membres. Touts les syndicats et toutes les associations d’enseignants du monde en sont membres à l’exception de la Chine, de la Corée du Nord et de certains pays du Moyen Orient.

Dans un monde de plus en plus internationalisé, où les questions d’éducation-formation sont devenues de plus en plus prégnantes, l’IE s’est affirmée comme un partenaire à part entière avec les institutions internationales comme la Banque mondiale, le FMI, l’UNESCO, le BIT et l’OMS.

2. La Campagne mondiale pour l’Education

Dans le cadre du Forum mondial pour l’Education pour Tous organisé par la Banque Mondiale, l’UNESCO, le PNUD et l’UNICEF à Dakar du 26 au 28 avril 2000, plusieurs ONG internationales (Action Aid, Oxfam, Marche mondiale contre le travail des enfants...) et l’Internationale de l’Education ont pris l’initiative de créer en octobre 1999, un grand rassemblement de la société civile internationale pour porter la parole des 113 millions d’enfants dont 60% de filles, n’ayant pas accès à l’éducation primaire. L’action de la CME sous sa conduite a permis d’engager un mouvement en faveur de la réduction d’enfants non scolarisés dont le nombre a été réduit de 50% en 15 ans.

Élie JOUEN conduisait la délégation de l’Internationale de l’Education et est devenu à cette occasion le premier directeur de la Campagne Mondiale de l’Education (CME). Il l’a occupée pendant 8 ans. Il était toujours membre du Conseil d’Administration de la CME.

3. La « Marche globale contre le travail des enfants »

Cette initiative prolonge l’action de Kailash Satyarthi, Prix Nobel de la Paix 2014, contre le travail des enfants. La Global March agains child labour, dont le siège est à la Nouvelle Delhi (Inde), a été constituée en 1998 afin de faire entendre la voix des enfants victimes au moment où l’Organisation internationale du Travail discutait d’une convention internationale contre les pires formes du travail des enfants. Élie Jouen en était membre fondateur au titre de l’IE.

En octobre 2014, Kailash Satyarthi reçoit le prix Nobel de la Paix, conjointement avec la jeune Pakistanaise Malala. Il doit alors faire face à de nouvelles obligations qui ne lui permettaient plus de continuer de présider effectivement la Marche mondiale (il en est toujours président d’honneur). C’est la raison pour laquelle il demande à Élie Jouen de poursuivre son action. En mars 2015, lors de la réunion du Comité exécutif de la Marche à Katmandu (Népal), Élie Jouen en est élu président.

La Marche coopère avec un peu plus de 2.000 organisations partenaires dans le monde.

 L’engagement philosophique d’Élie Jouen

L’action d’Élie Jouen est indissociable de son engagement maçonnique. Il est initié en 1972 au Grand Orient de France.

Après une période d’interruption due à ses activités internationales,il avait rejoint en 2008 la loge « [Frédéric Desmons]-Laïcité » dont il fut notamment vénérable.En janvier 2015, il est membre fondateur de la loge « l’Europe des Lumières » dont il est alors officier..

P.-S.

Voir aussi :

Sources :

  • presse syndicale
  • Conquérir l’avenir. La FEN de 1974 à 1981, éd. CLEM, Paris, 1992, p. 322 et suiv.
  • Sous la voûte étoilée [URL consultée le 19/11/2016], blog maçonnique de Gérard Contremoulin.

Merci à André Henry et Claude Morel pour leur contribution à cet article.



Notes

[1Le SNES, minoritaire dans la FEN, était membre associé de la FISE-FSM.

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